Ici nous partageons un peu de notre jardin secret. Nous nous permettons d'avoir un avis sur nombre de sujets au gré des jours et de l'actualité.

Si les quelques lignes ci-dessous créent de l'échange nous sommes heureux! N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, de vos réactions.

Discours écrit et prononcé par Philippe Troyon lors de la cérémonie d’inauguration du parc de l’église de Belfaux le 22 juin 2013

 

Lorsque l’on nous a mandaté pour ce projet, je me souviens que mon premier sentiment fut de l’enthousiasme : une (relative) grande surface, ceinte d’un mur, vierge de tout élément et au centre du village !

Le cahier des charges était sobre : faire de cet espace un lieu accueillant, dans le respect de son histoire, enfin quelque chose de beau ! Cela ouvrait une foule de possibles pour s’exprimer.

Mais travailler sur un tel objet, un ancien cimetière, n’est pas anodin.

Les habitants de Belfaux et des environs connaissent trop bien ce lieu pour y avoir rendu un dernier hommage à leurs défunts.

Le dernier enterrement à s’être déroulé ici n’est pas si loin de leurs mémoires que l’on puisse se permettre une fracture trop brusque.

Cela donne des responsabilités, envers les défunts mais aussi envers leurs vivants.

Nous avons alors pris conscience que ce mandat était bien plus complexe, (en fait, comme à chaque fois …) et que même sans chercher à focaliser la conception sur son aspect historique, la charge émotionnelle de ce lieu dicterait inévitablement notre réflexion. Finalement nous avons moins cherché à « concevoir » qu’à « ressentir ».

 

En premier lieu, nous voulions proposer un projet simple, évident, sans arrogance ni mièvrerie, mais tout de même volontaire et généreux. Un projet compréhensible par tous, afin de recréer un peu le charme rassurant des parcs d’antan avec leurs arbres taillés en marquise et leurs plates-bandes de fleurs.

 

Nous pensons que trop de projets ratent leur cible par manque d’humilité, mais aussi par manque de générosité, qu’ils sont - soit froids et austères - soit inutilement fouillés et difficilement compréhensibles.

En sommes, il est bien difficile de concevoir pour les autres, si on ne se donne pas la peine de les connaître et de les comprendre !!!

Nous voulions aussi créer du sens, ajouter du symbolisme, de l’épaisseur pour ainsi dire, apporter des éléments qui informent avec douceur que ce lieu n’est pas un simple parc public, qu’il a une histoire et que même si on ne la connait pas, on devrait pouvoir en ressentir les traces sans que cela soit pesant.

La difficulté a donc été de trouver ce juste équilibre entre simplicité et générosité, sens et symbolisme, afin de parler au plus grand nombre.

Créer un parc public est une aventure périlleuse au XXIème siècle. Elle demande du courage et de l’abnégation, de la confiance en l’avenir et de l’empathie. A notre époque de rendement sur investissement, d’économie et de rationalité, les espaces verts (de qualité) sont mis sous pression. Pourtant, nous restons convaincus de leur utilité pour l’équilibre et le développement de tout un chacun et qu’ils devraient entrer dans le calcul subtil du PIB du bonheur !

Nous tenons à remercier les membres du conseil de paroisse pour la confiance qu’ils nous ont témoignée. Nous tenons surtout à les féliciter du courage qu’ils ont eu de se lancer dans cette aventure. Je pense que cette inauguration a aussi comme but d’imprimer dans les consciences que ce jardin est né de leur volonté et que sans eux, il n’y aurait probablement rien. Je forme mes vœux pour que les bénéficiaires de ce lieu n’oublient pas leur généreuse initiative.

Aujourd’hui, pour ceux qui ont contribué à construire ce jardin, le travail est fini. Je les en remercie et les félicite. Le jardin, lui, vient tout juste de naitre avec cette célébration officielle. Dès demain, ce sera le voisin, la mère de famille et sa poussette en quête d’un endroit calme, l’écolier à la sortie de l’école, l’adolescent et ses premiers émois murmurés sous les charmilles, le travailleur à la pause de midi, le retraité lors de sa ballade quotidienne, vous tous peut être qui ferez ce jardin, qui ferez que ce jardin sera le témoin discret et bienveillant de vos pensées et de vos souvenirs, de vos soupirs et de vos espoirs, de vos regards enfin, car comme il n’y a pas de jardin sans regard, il n’y a pas de regard sans amour.

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Le thème est à la mode. L’Homme, en raison de son comportement inconscient et irresponsable, permet à de nombreuses espèces non indigènes voir exotiques d’envahir de nouvelles régions, et menacent de ravager notre nature sauvage.

Les Presses polytechniques et universitaires romandes viennent de faire paraitre dans leur collection " Le savoir suisse ″ un ouvrage qui, selon la première phrase de la quatrième de couverture, se veut un regard global et une solide mise en garde.

Forts de cette entrée en matière et rassurés par l’origine du livre – un professeur d’écologie publié dans une édition scientifique – nous en avons fait l’acquisition et nous nous sommes empressés de le lire.

Le titre aurait pu nous mettre sur la voie mais nous avons préféré y voir une nécessité publicitaire. Il se trouve que cet ouvrage tient plus de la religion que de la science, du dogme que des faits et connaissances.

Les lignes qui suivent relèvent surtout de notre opinion, que nous croyons tout de même faiblement éclairée, et ne se veulent pas exhaustives – le lecteur plus exigeant se fera une idée de lui-même à la lecture du livre – mais il nous paraît nécessaire de réagir, compte tenu du sujet et du peu de nuances avec lequel il est habituellement traité, ce d’autant plus que dans le cas qui nous occupe ici, le propos paraît étayé par forces références et études scientifiques.

L’auteur mentionne puis décrit l’invasion, les dégâts et les risques liés à des espèces comme, entre autres, la berce du Caucase, le doryphore, la mineuse du marronnier ou la chrysomèle du maïs.

Les exemples cités ci-dessus le sont à dessein, car pourquoi le scientifique qu’est le professeur Wolfgang Nentwig fait grand cas de l’origine américaine du doryphore, du mildiou ou de la chrysomèle du maïs, sans mentionner la provenance, aussi américaine, de la pomme-de-terre et du maïs ? Pourquoi, lorsqu’il déplore la présence de Cameraria ohridella qui cause le brunissement prématuré des marronniers – dit souvent d’Inde en France – ne nous informe-t-il pas de l’origine commune de la victime et du prédateur ? (d’autant plus que l’auteur est probablement au courant du rapport d’étude accessible au lien suivant :

http://www.inra.fr/presse/mineuse_du_marronnier_dans_les_balkans_des_19eme_siecle).

Selon l’Union Suisse des paysans, en 2010, près de 47'000 ha étaient dévolus à la culture du maïs et près de 11'000 ha à celle du célèbre tubercule américain. Ce qui représente 21 % des terres ouvertes en Suisse cette année-là ! Nous souhaiterions qu’on nous explique objectivement quelle est l’espèce la plus envahissante. Certes la présence de ces ravageurs est problématique. Inesthétique et coûteuse. Mais qu’y a-t-il d’étonnant à les retrouver dans le sillage de leur garde-manger ?

Un autre angle d’attaque des xénophobes - terme à prendre au sens littéral – qui, selon eux, est motif d’éradication, concerne la santé humaine. Il est souvent relevé, et le livre à l’origine de cet article n’échappe pas à la règle, que ces espèces étrangères apportent leur lot d’allergies et/ou de dangers pathologiques, tels le risque allergène de l’ambroisie et la phototoxicité de la sève des berces du Caucase.

Une fois de plus, nous nous interrogeons sur la pertinence et la cohérence du propos. Premièrement les contrées d’où sont originaires les espèces dites dangereuses abritent des populations humaines qui sont exposées à ces risques et s’en accommodent, voir, dans les meilleurs des cas, apprennent à co-exister. Deuxièmement si nous suivons le raisonnement ″danger donc éradication″ nous faisons tout pour empêcher la réintroduction du loup et de l’ours.

Il est vrai qu’un certain nombre de problèmes se posent, que l’Homme n’est probablement pas étranger à ces problèmes et qu’il est nécessaire de s’interroger sur la pertinence du système socio-économique dans lequel nous vivons. Mais vouloir l’immobilisme d’un système biologique qui repose sur des équilibres dynamiques revient à vouloir faire reculer la mer en la fouettant, et le ton trop souvent catégorique des articles et des discours au sujet des néobiotes est en principe l’apanage des ignorants qui ignorent qu’ils ignorent.

Quelques nuances et moins de mauvaise foi apporteraient un surcroît de crédibilité aux messages des défenseurs de la nature, car comme on peut le constater, celle-ci est passablement fissurée par un minimum de connaissances et un rien d’esprit critique.

De tous temps les espèces ont utilisé les moyens mis à leur disposition pour survivre et coloniser d’autres zones. Ce phénomène est à l’origine des mutations et des stratégies de reproduction.

Enfin pour terminer, à l’école nous avons appris que même les montagnes et les continents se déplacent…

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A l’automne, les arbres perdent leurs feuilles et le théâtre ses échafaudages….

Et je vis un sentiment paradoxal : à l’instant où cet édifice devient réalité tangible, que l’on peut en faire le tour, le toucher, y voir les effets de l’ombre et de la lumière, j’ai le très net sentiment qu’il n’a jamais été aussi virtuel !

Autant son emballage d’échafaudage et de toile cachait sa réalité, le rendant «  en devenir » mais malgré tout vivant par ses promesses, les aspérités, les épaisseurs et les mouvements de son emballage, maintenant enfin débarrassé de sa gangue il apparaît lisse, informel, impersonnel, virtuel donc.

Cette architecture se révèle sans émotion, sans risque, sans ambition. Elle édulcore, soustrait, réduit le projet jusqu’à faire que la réalité ressemble à la maquette présentée c’est à dire un cube, un volume géométrique sans plus. On gomme tous détails, toutes décorations, toutes émotions de peur de devoir s’expliquer.

Le projet n’est plus porteur d’un message, d’une vision, d’un espoir que la réalisation concrète permet de vivre et de développer. Le projet est LE message. Il n’y a rien d’autre. En dehors d’un enjeu technique bien passéiste. La virtualité est tout ce que l’on peut nous offrir, car c’est aussi ce qu’il y a de moins risqué !

Il m’arrive d’imaginer, quand je remonte la rue St Pierre, que les doigts d’une main géante apparaitrait dans le ciel, saisirait ce petit cube, le soulèverait, et j’entendrais alors une voix dire : « allons, chéri, range tes jouets ! »

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06.09.2011 / 15:17

C’était le 24 août dernier aux alentours de 20h00, une forte averse orageuse douchait le ciel de la Gruyère. Eole étant de la partie depuis le sud-ouest, les nuages filaient doucement vers l’Orient, cédant la place aux derniers rayons solaires. Les conditions étaient en place pour que le spectacle commence.

Le dialogue peu habituel et paradoxal de la pluie et du soleil, en plus d’un arc-en-ciel complet ce soir là, illumina d’une pluie d’or tout l’espace compris entre le sol et la base des nuages. L’éther devint consistant tout en restant transparent, le paysage prit durant près d’une demi-heure des teintes que seule l’absence de Béatrice disculpait Dante d’en être le peintre.

Concevoir, mais surtout réaliser et entretenir un jardin peuvent procurer de semblables jouissances avec en prime, parfois, l’illusion d’en être le créateur.

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Originaire du centre et du sud-ouest de la Chine, ce grand rosier d’environ 3 mètres s'y trouve dans les zones montagneuses à des altitudes comprises entre 700 et 4400 mètres.

Nous apprécions cette espèce dans les jardins à caractère rustique et fleuri. Il s’intègre parfaitement dans un buisson ou une haie arbustive mais une autre utilisation n’est pas exclue.

Son feuillage d’une élégante finesse, ses fleurs blanc pur qui éclosent en solitaire aux nœuds des tiges, ses cynorhodons orange rouge, mais surtout, comme on le voit sur la photo, ses aiguillons rouge et translucides lui donnent un attrait à de multiples échelles et à de multiples points de vues.

Pour lui conserver ce dernier caractère, il est nécessaire de le rajeunir année après année en supprimant les plus vieilles et plus grosses branches à la base.

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