Ici nous partageons un peu de notre jardin secret. Nous nous permettons d'avoir un avis sur nombre de sujets au gré des jours et de l'actualité.

Si les quelques lignes ci-dessous créent de l'échange nous sommes heureux! N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, de vos réactions.

Le thème est à la mode. L’Homme, en raison de son comportement inconscient et irresponsable, permet à de nombreuses espèces non indigènes voir exotiques d’envahir de nouvelles régions, et menacent de ravager notre nature sauvage.

Les Presses polytechniques et universitaires romandes viennent de faire paraitre dans leur collection " Le savoir suisse ″ un ouvrage qui, selon la première phrase de la quatrième de couverture, se veut un regard global et une solide mise en garde.

Forts de cette entrée en matière et rassurés par l’origine du livre – un professeur d’écologie publié dans une édition scientifique – nous en avons fait l’acquisition et nous nous sommes empressés de le lire.

Le titre aurait pu nous mettre sur la voie mais nous avons préféré y voir une nécessité publicitaire. Il se trouve que cet ouvrage tient plus de la religion que de la science, du dogme que des faits et connaissances.

Les lignes qui suivent relèvent surtout de notre opinion, que nous croyons tout de même faiblement éclairée, et ne se veulent pas exhaustives – le lecteur plus exigeant se fera une idée de lui-même à la lecture du livre – mais il nous paraît nécessaire de réagir, compte tenu du sujet et du peu de nuances avec lequel il est habituellement traité, ce d’autant plus que dans le cas qui nous occupe ici, le propos paraît étayé par forces références et études scientifiques.

L’auteur mentionne puis décrit l’invasion, les dégâts et les risques liés à des espèces comme, entre autres, la berce du Caucase, le doryphore, la mineuse du marronnier ou la chrysomèle du maïs.

Les exemples cités ci-dessus le sont à dessein, car pourquoi le scientifique qu’est le professeur Wolfgang Nentwig fait grand cas de l’origine américaine du doryphore, du mildiou ou de la chrysomèle du maïs, sans mentionner la provenance, aussi américaine, de la pomme-de-terre et du maïs ? Pourquoi, lorsqu’il déplore la présence de Cameraria ohridella qui cause le brunissement prématuré des marronniers – dit souvent d’Inde en France – ne nous informe-t-il pas de l’origine commune de la victime et du prédateur ? (d’autant plus que l’auteur est probablement au courant du rapport d’étude accessible au lien suivant :

http://www.inra.fr/presse/mineuse_du_marronnier_dans_les_balkans_des_19eme_siecle).

Selon l’Union Suisse des paysans, en 2010, près de 47'000 ha étaient dévolus à la culture du maïs et près de 11'000 ha à celle du célèbre tubercule américain. Ce qui représente 21 % des terres ouvertes en Suisse cette année-là ! Nous souhaiterions qu’on nous explique objectivement quelle est l’espèce la plus envahissante. Certes la présence de ces ravageurs est problématique. Inesthétique et coûteuse. Mais qu’y a-t-il d’étonnant à les retrouver dans le sillage de leur garde-manger ?

Un autre angle d’attaque des xénophobes - terme à prendre au sens littéral – qui, selon eux, est motif d’éradication, concerne la santé humaine. Il est souvent relevé, et le livre à l’origine de cet article n’échappe pas à la règle, que ces espèces étrangères apportent leur lot d’allergies et/ou de dangers pathologiques, tels le risque allergène de l’ambroisie et la phototoxicité de la sève des berces du Caucase.

Une fois de plus, nous nous interrogeons sur la pertinence et la cohérence du propos. Premièrement les contrées d’où sont originaires les espèces dites dangereuses abritent des populations humaines qui sont exposées à ces risques et s’en accommodent, voir, dans les meilleurs des cas, apprennent à co-exister. Deuxièmement si nous suivons le raisonnement ″danger donc éradication″ nous faisons tout pour empêcher la réintroduction du loup et de l’ours.

Il est vrai qu’un certain nombre de problèmes se posent, que l’Homme n’est probablement pas étranger à ces problèmes et qu’il est nécessaire de s’interroger sur la pertinence du système socio-économique dans lequel nous vivons. Mais vouloir l’immobilisme d’un système biologique qui repose sur des équilibres dynamiques revient à vouloir faire reculer la mer en la fouettant, et le ton trop souvent catégorique des articles et des discours au sujet des néobiotes est en principe l’apanage des ignorants qui ignorent qu’ils ignorent.

Quelques nuances et moins de mauvaise foi apporteraient un surcroît de crédibilité aux messages des défenseurs de la nature, car comme on peut le constater, celle-ci est passablement fissurée par un minimum de connaissances et un rien d’esprit critique.

De tous temps les espèces ont utilisé les moyens mis à leur disposition pour survivre et coloniser d’autres zones. Ce phénomène est à l’origine des mutations et des stratégies de reproduction.

Enfin pour terminer, à l’école nous avons appris que même les montagnes et les continents se déplacent…

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06.09.2011 / 15:17

C’était le 24 août dernier aux alentours de 20h00, une forte averse orageuse douchait le ciel de la Gruyère. Eole étant de la partie depuis le sud-ouest, les nuages filaient doucement vers l’Orient, cédant la place aux derniers rayons solaires. Les conditions étaient en place pour que le spectacle commence.

Le dialogue peu habituel et paradoxal de la pluie et du soleil, en plus d’un arc-en-ciel complet ce soir là, illumina d’une pluie d’or tout l’espace compris entre le sol et la base des nuages. L’éther devint consistant tout en restant transparent, le paysage prit durant près d’une demi-heure des teintes que seule l’absence de Béatrice disculpait Dante d’en être le peintre.

Concevoir, mais surtout réaliser et entretenir un jardin peuvent procurer de semblables jouissances avec en prime, parfois, l’illusion d’en être le créateur.

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Originaire du centre et du sud-ouest de la Chine, ce grand rosier d’environ 3 mètres s'y trouve dans les zones montagneuses à des altitudes comprises entre 700 et 4400 mètres.

Nous apprécions cette espèce dans les jardins à caractère rustique et fleuri. Il s’intègre parfaitement dans un buisson ou une haie arbustive mais une autre utilisation n’est pas exclue.

Son feuillage d’une élégante finesse, ses fleurs blanc pur qui éclosent en solitaire aux nœuds des tiges, ses cynorhodons orange rouge, mais surtout, comme on le voit sur la photo, ses aiguillons rouge et translucides lui donnent un attrait à de multiples échelles et à de multiples points de vues.

Pour lui conserver ce dernier caractère, il est nécessaire de le rajeunir année après année en supprimant les plus vieilles et plus grosses branches à la base.

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Une magnifique rencontre au hasard d’un de mes déplacements sur les routes tessinoises, au bord du ruban d’asphalte qui relie Bellinzone à Airolo !

Ce Lis, indigène mais peu courant et menacé en Suisse, offre de splendides taches de couleur chaude.

Il préfère les endroits chauds, pas trop humide et lumineux. Il pousse facilement dans tous sols au pH proche du neutre.

La sous-espèce bulbiferum (ici il s’agit de la sous-espèce croceum) a, en principe, l’avantage de s’éparpiller rapidement grâce aux bulbilles qui se développent à l’aisselle des feuilles supérieures.

N’hésitons pas à le planter dans nos jardins ! (si quelqu’un est intéressé mais qu’il n’en trouve pas, qu’il ou elle me contacte. Je me mettrai en chasse si ce ne sera pas encore fait).

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Verts ! vous avez dit vert ?

L’expression « espaces verts » s’entend couramment dans les discussions qui animent les milieux politiques en lien avec l’urbanisme. Ce tour de langue s’utilise pour parler des parcs et jardins et des zones non constructibles ou difficilement aménageables pour des raisons techniques et légales (délaissés).

Malgré notre science à propos de l’empire des mots sur nos idées, nous n’avons pas su anticiper les funestes conséquences que cette expression réductrice aurait sur la qualité de ces espaces. Cette influence, et c’est remarquable, est aujourd’hui telle que la tournure « espaces verts » à remplacé celle de « parcs et jardins » dans l’intitulé de nombreuses entreprises de la branche et des services communaux concernés.

Les symptômes sont visibles dans les agglomérations d’aujourd’hui. Ils touchent indistinctement les propriétés privées et publiques. L’espace vert, d’une partie du jardin, a enflé jusqu’à en occuper la plus grande partie.

La personnalité occidentale, physique ou morale, se figure que la chlorophylle est l’expression suffisante de la nature et de la vie ; le jardin s’est révélé comme un symbole de la puissance de l’Homme et, en particulier, de son pouvoir sur une nature domestiquée. L’occidental s’imagine qu’il est en conflit avec la nature et, dans ses jardins, ne tolère cette dernière que soumise à la discipline de gazons, de plantations, de bassins entretenus au sens étroit du terme.

J’utilise le mot jardin à dessein car ce vocable, malgré certains préjugés spatio-temporels, à l’avantage de contenir nombre de définitions sans imposer de qualité. La seule qualité attendue d’un espace vert repose sur sa couleur, qui est intrinsèquement une qualité. Il me semble dès lors pertinent d’utiliser un grand contenant pour exprimer une situation aussi complexe que les surfaces non construites de l’agglomération.

Comme Alain l’avait justement relevé, la nature ne fait pas de jardin. Cependant il me paraît plus nécessaire que jamais de comprendre que tout ce qui existe y compris l’humanité et tous ses jardins fait partie absolument de la nature. Ma volonté n’est pas de surfer sur la vague du développement durable, du bio ou de quelque notion floue et intéressée, mais de faire évoluer le regard qu’on porte sur ces surfaces non construites, de faire naître une compréhension de toutes les qualités contenues et possibles, avec comme finalité que chacun puisse y voir plus qu’un espace vivant parce que vert ou planté à force de dépenses.

Ainsi peut-être verrons-nous à nouveau fleurir, volontairement ou pas, les bords et les îlots de route, les abords des immeubles de bureaux et toutes ces surfaces qu’on aimerait qu’elles soient justement un peu plus délaissées.

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