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A l’automne, les arbres perdent leurs feuilles et le théâtre ses échafaudages….

Et je vis un sentiment paradoxal : à l’instant où cet édifice devient réalité tangible, que l’on peut en faire le tour, le toucher, y voir les effets de l’ombre et de la lumière, j’ai le très net sentiment qu’il n’a jamais été aussi virtuel !

Autant son emballage d’échafaudage et de toile cachait sa réalité, le rendant «  en devenir » mais malgré tout vivant par ses promesses, les aspérités, les épaisseurs et les mouvements de son emballage, maintenant enfin débarrassé de sa gangue il apparaît lisse, informel, impersonnel, virtuel donc.

Cette architecture se révèle sans émotion, sans risque, sans ambition. Elle édulcore, soustrait, réduit le projet jusqu’à faire que la réalité ressemble à la maquette présentée c’est à dire un cube, un volume géométrique sans plus. On gomme tous détails, toutes décorations, toutes émotions de peur de devoir s’expliquer.

Le projet n’est plus porteur d’un message, d’une vision, d’un espoir que la réalisation concrète permet de vivre et de développer. Le projet est LE message. Il n’y a rien d’autre. En dehors d’un enjeu technique bien passéiste. La virtualité est tout ce que l’on peut nous offrir, car c’est aussi ce qu’il y a de moins risqué !

Il m’arrive d’imaginer, quand je remonte la rue St Pierre, que les doigts d’une main géante apparaitrait dans le ciel, saisirait ce petit cube, le soulèverait, et j’entendrais alors une voix dire : « allons, chéri, range tes jouets ! »

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