Ici nous partageons un peu de notre jardin secret. Nous nous permettons d'avoir un avis sur nombre de sujets au gré des jours et de l'actualité.

Si les quelques lignes ci-dessous créent de l'échange nous sommes heureux! N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, de vos réactions.

Une magnifique rencontre au hasard d’un de mes déplacements sur les routes tessinoises, au bord du ruban d’asphalte qui relie Bellinzone à Airolo !

Ce Lis, indigène mais peu courant et menacé en Suisse, offre de splendides taches de couleur chaude.

Il préfère les endroits chauds, pas trop humide et lumineux. Il pousse facilement dans tous sols au pH proche du neutre.

La sous-espèce bulbiferum (ici il s’agit de la sous-espèce croceum) a, en principe, l’avantage de s’éparpiller rapidement grâce aux bulbilles qui se développent à l’aisselle des feuilles supérieures.

N’hésitons pas à le planter dans nos jardins ! (si quelqu’un est intéressé mais qu’il n’en trouve pas, qu’il ou elle me contacte. Je me mettrai en chasse si ce ne sera pas encore fait).

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Verts ! vous avez dit vert ?

L’expression « espaces verts » s’entend couramment dans les discussions qui animent les milieux politiques en lien avec l’urbanisme. Ce tour de langue s’utilise pour parler des parcs et jardins et des zones non constructibles ou difficilement aménageables pour des raisons techniques et légales (délaissés).

Malgré notre science à propos de l’empire des mots sur nos idées, nous n’avons pas su anticiper les funestes conséquences que cette expression réductrice aurait sur la qualité de ces espaces. Cette influence, et c’est remarquable, est aujourd’hui telle que la tournure « espaces verts » à remplacé celle de « parcs et jardins » dans l’intitulé de nombreuses entreprises de la branche et des services communaux concernés.

Les symptômes sont visibles dans les agglomérations d’aujourd’hui. Ils touchent indistinctement les propriétés privées et publiques. L’espace vert, d’une partie du jardin, a enflé jusqu’à en occuper la plus grande partie.

La personnalité occidentale, physique ou morale, se figure que la chlorophylle est l’expression suffisante de la nature et de la vie ; le jardin s’est révélé comme un symbole de la puissance de l’Homme et, en particulier, de son pouvoir sur une nature domestiquée. L’occidental s’imagine qu’il est en conflit avec la nature et, dans ses jardins, ne tolère cette dernière que soumise à la discipline de gazons, de plantations, de bassins entretenus au sens étroit du terme.

J’utilise le mot jardin à dessein car ce vocable, malgré certains préjugés spatio-temporels, à l’avantage de contenir nombre de définitions sans imposer de qualité. La seule qualité attendue d’un espace vert repose sur sa couleur, qui est intrinsèquement une qualité. Il me semble dès lors pertinent d’utiliser un grand contenant pour exprimer une situation aussi complexe que les surfaces non construites de l’agglomération.

Comme Alain l’avait justement relevé, la nature ne fait pas de jardin. Cependant il me paraît plus nécessaire que jamais de comprendre que tout ce qui existe y compris l’humanité et tous ses jardins fait partie absolument de la nature. Ma volonté n’est pas de surfer sur la vague du développement durable, du bio ou de quelque notion floue et intéressée, mais de faire évoluer le regard qu’on porte sur ces surfaces non construites, de faire naître une compréhension de toutes les qualités contenues et possibles, avec comme finalité que chacun puisse y voir plus qu’un espace vivant parce que vert ou planté à force de dépenses.

Ainsi peut-être verrons-nous à nouveau fleurir, volontairement ou pas, les bords et les îlots de route, les abords des immeubles de bureaux et toutes ces surfaces qu’on aimerait qu’elles soient justement un peu plus délaissées.

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20.05.2011 / 00:00

Enfants gâtés ou ″victimes″ d’inconscience ?

Quelques chiffres en préambule :

Surface totale de la Terre

 

510'065’700

km2

surface des terres émergées (29 %)

 

148'000’000

km2

surface de l’Antarctique

 

- 14'000’000

km2

surface des déserts et zones arides

 

- 24'000’000

km2

surface des forêts

 

- 41'000’000

km2

surface potentiellement habitable et cultivable

 

69'000’000

km2

population mondiale en 2010 (en nombre d’individus)

 

6'842'000’000

Soit une surface par habitant de :                      0.01 km2 (10'000 m2)

Sans s’avancer plus dans le détail[1] il m’apparaît, et vous lecteur validerez probablement cette analyse, que jouir d’une portion de cette planète à seule fin de loisir ou de confort, délivrée des soucis d’intendance que sont l’habitation et la culture vivrière, est un grand, est un immense privilège.

Comment comprendre alors ces absences parfois intitulées « espaces résiduels » autour des maisons qui tapissent nos campagnes et des bâtiments qui émaillent nos villes ? Comment comprendre ces espaces vides, tristes et impersonnels …..morts !…. qui illustrent si souvent le restant de parcelle destiné à accueillir de la vie. Serait-ce le défaut d’attention ou l’ignorance de la condition de son voisin ? Serait-ce un aveuglement ou une inconscience pour autant que cela soit différent ? Serait-ce de la paresse, de la peur ? Le plan de carrière, l’achat en leasing de l’automobile, la construction du nid familial, la vie éternelle assurée par la filiation ; cette liste serait-t-elle un aboutissement pour l’Homme – démiurge ?

Certes, établir sans raisonnement une pelouse monotone et désertique, puis l’inonder régulièrement d’eau, d’engrais et de pesticides est un droit. Si nous traversions une période culturellement relativiste et tolérante, certains nous prouveraient même qu’il s’agit d’une jouissance noble et justement désintéressée parce que sans raisonnement.

Pourtant depuis la place que j’occupe professionnellement et d’où je m’exprime par ces lignes, il m’apparaît chaque jour que les moyens attribués à ce privilège ne devraient pas être le résultat d’une soustraction parmi une longue liste d’occupations subalternes, mais découler d’un choix plus radical qui permettrait de l’honorer à la juste mesure du calcul présenté plus haut.



[1] Par exemple : nombre de foyers et nombre de personnes par foyer, part de la population mondiale résidant en ville, etc

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